13 novembre 2009
349] 220 policiers va falloir les recruter !
220 policiers en plus. Mais qui est volontaire?
SÉCURITÉ | La police veut engager, mais elle peine à recruter.

© Olivier Vogelsang | Prestation de serment de nouveaux policiers. Pour augmenter le bassin de recrutement, le Grand Conseil a accepté, il y a une année, une motion qui proposait l’engagement de permis C. Aujourd’hui, seuls les étrangers en voie de naturalisation peuvent postuler.
Liens en relation avec l'article :
CHRISTIAN BERNET | 12.11.2009 | 00:06
«J’ai besoin de 220 policiers supplémentaires.» Monica Bonfanti, la cheffe de la police, l’a déclaré dans nos colonnes mardi. Sa requête sera entendue. Le climat s’y prête. Pour assurer la sécurité, le monde politique est acquis à l’augmentation des effectifs. Mais de la parole aux actes, il y a un fossé.
Idéalement, selon Monica Bonfanti, il faudrait 960 gendarmes (790 aujourd’hui) et 350 inspecteurs de police judiciaire (300 aujourd’hui). Mais la police peine à recruter des aspirants. Cet automne, pour la première fois, l’école de gendarmerie a fait le plein. Mais un spécialiste le reconnaissait cet été: «La police ne serait pas capable de recruter et de former des bataillons supplémentaires de policiers.»
Le problème n’est pas financier. L’effectif légal, et donc budgétaire, est déjà supérieur à l’effectif réel. Le conseiller d’Etat Laurent Moutinot a réduit certains obstacles, comme la taille ou le poids des aspirants. Sans grand effet. Plus efficace: la suppression de la dictée, qui faisait trébucher beaucoup de candidats. Elle a été remplacée par un exercice de rédaction, moins sélectif.
Pour augmenter le bassin de recrutement, le Grand Conseil a accepté, il y a une année, une motion qui proposait l’engagement de permis C. Aujourd’hui, seuls les étrangers en voie de naturalisation peuvent postuler. Laurent Moutinot s’est dit «ouvert» à la mesure, en rappelant qu’au XIXe siècle, 25% des policiers genevois étaient étrangers. La cheffe de la police y est aussi favorable. Mais rien n’a bougé. Les résistances internes sont trop fortes.
L’exemple bâlois
Ailleurs en Suisse, plusieurs cantons engagent des permis C. Comme Schwytz et Bâle-Ville. «La plupart des permis C finissent par se naturaliser, mais ce n’est pas une obligation», explique Klaus Mannhart, porte-parole de la police bâloise. Seules conditions à remplir: être bien intégré et parler le bon allemand. «Certains le parlent avec l’accent français, d’autres ne parlent pas le dialecte. Nous avons des Sud-Américains et un Afghan. Cela ne pose aucun problème.» A Genève, on en est loin.
La police a amélioré son marketing en faveur des jeunes candidats. «Chaque mois, nous organisons deux événements pour le recrutement, comme des stages d’immersion ou des journées portes ouvertes», déclare Patrick Pulh, porte-parole, qui assure qu’un nouveau concept de recrutement est en préparation.
Est-ce suffisant? Membre de la Commission judiciaire, le député libéral Olivier Jornot constate que «le département ne nous a jamais présenté un plan de mesures global pour résoudre ce problème. La cheffe de la police non plus». Combien de temps faudra-t-il pour engager 200 policiers supplémentaires? Impossible de répondre. Avec la réorganisation attendue et l’âge de la retraite repoussé, on nage en pleine incertitude.
source : www.tdg.ch du 12.11.2009 par Christian Bernet
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=492034&pid=15782434
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
