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Trafic de cocaïne

09 juin 2012 19:04; Act: 09.06.2012 19:10

Plus de sévérité contre les vendeurs

Le procureur général du canton de Genève, Olivier Jornot, veut sanctionner plus sévèrement les vendeurs de cocaïne.

 

OJ - 20minutes 9 juin 2012

 

 

Olivier Jornot: «La police ne met pratiquement plus de petits vendeurs de cocaïne à la disposition du Ministère public». (photo: Keystone)

Olivier Jornot pense réviser avant la fin de l'année plusieurs directives concernant les vendeurs de stupéfiants. Il envisage notamment de modifier celle qui recommandait aux procureurs d'infliger des peines plutôt légères aux vendeurs de cocaïne, a-t-il déclaré dans un entretien publié samedi par la «Tribune de Genève».

Le procureur général estime absurde que les vendeurs en bas de l'échelle «prennent trois fois rien, alors qu'ils sont le dernier maillon d'une activité criminelle». Olivier Jornot veut «agir au niveau de la peine en montant le plancher pour prononcer une sanction plus sévère à l'encontre des petits vendeurs».

Le nombre d'arrestations de vendeurs de cocaïne a chuté à Genève de 44% entre 2010 et 2011, passant de 495 à 274. Depuis plusieurs mois, la mission des inspecteurs de la task force drogue a été réorientée sur le trafic d'héroïne, ce «qui a pour conséquence de lever la pression sur les vendeurs de cocaïne», explique M. Jornot

Il signale que «la police ne met pratiquement plus de petits vendeurs de cocaïne à la disposition du Ministère public».

Coordination à développer

Le procureur général regrette que le Ministère public n'ait pas pris part à l'élaboration de cette stratégie. Il estime que les décisions liées aux orientations stratégiques en matière de lutte contre la criminalité doivent faire l'objet d'une coordination avec tous les partenaires. «Cette concertation est aujourd'hui insuffisante et j'entends la développer», dit-il.

De plus, une des conséquences du nouveau Code de procédure pénale est que l'ordonnance pénale n'a pas titre de détention. Les personnes arrêtées sont donc souvent relâchées le lendemain même de leur interpellation.

Mauvais message

«Ce code complique la vie de la police et de la justice. Pour Genève, c'est un désastre en ce qui concerne la lutte contre le deal», affirme Olivier Jornot.

Le procureur général, qui précise qu'il serait le premier satisfait si l'ordonnance pénale valait à nouveau titre de détention, admet que «le fait de libérer une personne dans les 48 heures donne un mauvais message aux délinquants, aux policiers et à la population». Les récidivistes sont, par contre, immédiatement mis en détention.

(ats)

source : www.20minutes.ch du 09.06.2012