14 novembre 2009
352] Qui sera en charge du Département de la police dès janvier 2010 ?
Qui voudra le Département maudit de la police?
Elections | Genève a mal à sa police, mais les conseillers d’Etat sortants ne semblent pas vraiment prêts à relever le défi. Les femmes candidates les mieux placées pour être élues n’ont, elles, pas le profil idéal pour le poste. Si les outsiders UDC et MCG revendiquent ce département, leurs chances d’être élus sont minimes.
© laurent guiraud/2009 | Les «victimes» de Justice et Police. Le socialiste Bernard Ziegler n’a pas été réélu en 1993 (gouvernement monocolore). Gérard Ramseyer a tenu huit ans. Il succombe à cause, notamment, des Offices des poursuites. Micheline Spoerri, elle, est éjectée après quatre ans et un G8 traumatisant. Laurent Moutinot ne se représente pas cette année, mais a été très critiqué.
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MARC MOULIN | 14.11.2009 |
Qui sera ministre de la Police genevoise après le départ de Laurent Moutinot en décembre? La question est sensible, alors que la sécurité a dominé la campagne pour le Conseil d’Etat. Mais si le thème est sur toutes les lèvres, on ne se presse pas au portillon pour reprendre le Département des institutions, ni parmi les magistrats sortants ni parmi les prétendantes – ce sont des femmes – les mieux parties pour les rejoindre. «Cela m’a frappé et m’offre une voie royale pour être élu», fanfaronne Eric Stauffer, candidat MCG.
La gestion sécuritaire du socialiste Laurent Moutinot a été décriée par la droite, toutes tendances confondues. Il semblerait donc naturel que le camp bourgeois s’empare du dossier. Or, seuls des outsiders comme Eric Stauffer ou Yves Nidegger (UDC) se profilent nettement pour s’en saisir. Mais leur élection à l’Exécutif constituerait plutôt une surprise, leurs partis respectifs étant dépourvus d’alliance.
Dur pour une femme
«L’Entente fait tout un foin sur la sécurité mais n’a pas vraiment de candidat pour la revendiquer», note la candidate Verte Michèle Künzler. Elle-même ne rechignerait pas à la tâche, précise qu’elle a été juge assesseur, mais se sent plus apte pour le logement et l’aménagement – un domaine, lui, fort convoité. «La police, ce n’est pas évident pour une femme», lâche encore l’écologiste. Surtout pour des nouvelles venues, ajoutera-t-on.
La socialiste Véronique Pürro, elle, s’est aventurée en début de campagne sur le thème sécuritaire. Elle semblait prête à reprendre le témoin de son camarade de parti Laurent Moutinot et à poursuivre ses réformes. «Elle ne revendiquait pas le département, mais démontrait que la gauche peut être offensive sur le sujet», précise René Longet, président du PS. «C’était maladroit de sa part, juge Fabiano Forte, président du PDC. Elle aurait dû se démarquer de Moutinot, comme elle l’a fait plus tard en critiquant le recours aux vigiles privés des Pâquis.»
Ce faux départ fut une erreur stratégique, même selon des socialistes: la sécurité est une peau de banane pour la gauche dans un contexte électoral. La candidate vise aujourd’hui les affaires sociales et juge leur titulaire actuel, le radical François Longchamp, parfait pour s’occuper de la police. «On a l’air d’accréditer que seul notre magistrat peut gérer ce dossier chaud», sourit Hugues Hiltpold, président des radicaux genevois. Mais pour lui, l’attribution des départements incombe au seul gouvernement. René Longet pense de même: la sécurité sera une responsabilité
collective de l’Exécutif, que chaque membre devrait pouvoir assumer. Des positions proches de celles que François Longchamp a toujours tenues. Le sortant est d’ailleurs le seul à s’abstenir de revendiquer un dicastère. Beaucoup pensent donc à lui.
Longchamp ou Rochat?
Aux yeux d’Eric Stauffer, François Longchamp serait le sortant le plus apte à se charger du dossier. Mais le candidat MCG relève que les radicaux n’ont pas laissé de bons souvenirs à la maréchaussée. Le parti a cependant fait de la détention administrative un thème majeur de sa campagne. «Mais il faut détenir la majorité pour mener une politique», glisse Hugues Hiltpold. Le ministre radical est juriste, habile réformateur, note-t-on. Mais a-t-il la fibre humaine pour susciter l’adhésion de la base de la police? Pas sûr, glissent les sceptiques. Stauffer estime être le seul à bénéficier de la confiance de la profession.
Des regards se tournent vers Isabel Rochat: la libérale est adjointe au commissariat à la déontologie de la police mais se montre surtout prolixe sur les communes, le transport et l’aménagement. La Thônésienne a toutefois tourné un clip lors de la prestation de serment des nouveaux gendarmes. Hasard? Sûrement pas. Selon le président de son parti, «la droite doit absolument reprendre les Institutions, si elle redevient majoritaire». Ce qui implique l’élection d’Isabel Rochat. Et Michel Halpérin d’admettre que «ce n’est pas forcément un département qui fait envie». Allusion aux magistrats successifs qui s’y sont cassé les dents, de Gérard Ramseyer à Laurent Moutinot en passant par Micheline Spoerri. Vous avez dit patate chaude? Si ce scénario se concrétise, Isabel Rochat devra rattraper très vite son inexpérience en politique cantonale.
source : www.tdg.ch du 14 novembre 2009 par Marc Moulin
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