30 novembre 2009
367] Interview d'Olivier Jornot dans : " Le Matin Dimanche " du 29.11.2009
source : www.lematin.ch du 29.11.2009
366] Quand la manifestation de samedi se transforme en guérilla urbaine ...
derapage dimanche 29 novembre 2009
La violence avant la conférence de l’OMC
La manifestation altermondialiste a dégénéré en guérilla urbaine samedi à Genève. Les organisateurs ont été vite dépassés, mais la police n’a-t-elle pas trop attendu avant de sévir contre les casseurs? La politique s’en empare
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La 7e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) débute ce lundi à Genève sur un goût amer. La manifestation organisée samedi par les altermondialistes s’est transformée en guérilla urbaine, avec des confrontations directes entre forces de l’ordre et quelque 200 casseurs qui avaient infiltré un impressionnant cortège de plus de 3000 personnes. Celui-ci avait débuté à la Place Neuve avant d’être dissout aux Pâquis.
Plusieurs voitures ont été saccagées ou incendiées. De nombreuses vitrines de banques, d’hôtels, de bijouteries et autres commerces ont été brisées au centre de Genève. Les dégâts n’ont pas encore été estimés. Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau, de grenades lacrymogènes et autres fumigènes, ainsi que de balles en caoutchouc pour disperser les émeutiers. Ces derniers, membres du Black Blocks, mouvement anarchiste implanté surtout en Suisse alémanique, pour la plupart cagoulés et tout vêtus de noir, étaient équipés de marteaux, barres de fer et autres outils avec l’intention de faire de la casse.
La police a interpellé 33 manifestants violents. Elle a enregistré une cinquantaine de plaintes de la part des sociétés ou personnes lésées par la violence. Par contre, elle rejette l’accusation selon laquelle elle a laissé faire les casseurs pendant au moins une quinzaine de minutes avant d’intervenir. Selon les organisateurs de la manifestation, les casseurs étaient clairement identifiables avant même le départ du cortège. Ils estiment par ailleurs que la police a laissé faire pour pouvoir disperser l’ensemble de la manifestation un peu plus tard. Le porte-parole de la police s’en défend: «Il a été difficile d’intervenir au milieu de la foule et il fallait attendre que les manifestants pacifiques s’écartent des émeutiers avant de passer à l’action.» Il a aussi défendu les contrôles préventifs, jugés provocants par les organisateurs. De nombreux matériels dangereux ont été saisis, a-t-il dit à l’ATS.
Le Collectif anti-OMC a simplement déploré le fait qu’une petite minorité de casseurs ait pris la manifestation pacifique en otage. Son propre service d’ordre a été en effet rapidement dépassé par les événements. Certains observateurs font remarquer qu’il ne condamne pas fermement les casseurs. Uniterre, syndicat paysan suisse qui avait mobilisé ses nombreux membres, déplore que la police ne soit pas en mesure de gérer des événements d’une certaine ampleur. Il dénonce aussi le fait que trois leaders paysans sud-coréens aient été interdits de territoire suisse à leur arrivée à l’aéroport de Genève vendredi soir. Dimanche soir, ils étaient encore détenus en attendant leur refoulement.
Dans un communiqué de presse publié dimanche, le directeur de l’OMC Pascal Lamy déplore qu’«une expression pacifique de mécontentement de la part de personnes qui manifestent de bonne foi leur désaccord avec l’OMC ait été perturbée par les actes violents de quelques-uns qui ne souhaitent ni dialogue ni interaction constructive». Il ajoute que l’OMC est et continue d’être ouverte au débat avec la société civile.
Les violences de samedi font l’objet de diverses appréciations dans le monde politique. Sandrine Salerno, conseillère administrative de la Ville de Genève et membre du Parti socialiste genevois condamne la prise en otage de la manifestation par une minorité, mais estime que cet événement ne doit en aucun cas servir de prétexte pour mettre en cause le droit démocratique des citoyens de manifester. Par contre, dans une interview au Matin dimanche, Olivier Jornot, président du Parti libéral genevois et député au Grand conseil, espère que «le nouveau gouvernement saura faire la balance entre la sécurité de la ville et le droit de manifester, et qu’il interdira dorénavant ce genre de manifestation aux germes violents».
source : www.letemps.ch du 29.11.2009 par Ram Etwareea
28 novembre 2009
365] Oui au CEVA ! : Mobilité égal prospérité
source : www.tdg.ch du 28.11.2008 Maec Moulin
27 novembre 2009
364] Accident de la Route de Genthod : Laurent Moutinot évoque des lacunes
Rodéo russe: Laurent Moutinot évoque des lacunes
VITESSE | Les règles d'intervention et de procédure n'ont pas été respectées selon le conseiller d'Etat.

© KEYSTONE | Laurent Moutinot
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ATS | 26.11.2009 | 18:52
Laurent Moutinot suit l'enquête concernant l'intervention de la police après l'accident de la route de Genthod (GE) impliquant au moins un jeune Russe soupçonné de s'être livré à un rodéo routier avec trois compatriotes. Le conseiller d'Etat a parlé jeudi soir «de lacunes».
«Manifestement, les règles d'intervention et de procédure n'ont pas été respectées comme elles l'auraient dû», a déclaré le ministre genevois de la sécurité au micro de la RSR. Selon lui, le procureur général du canton Daniel Zappelli a joué son rôle en reprenant les choses en mains.
Invoquant la séparation des pouvoirs, M. Moutinot s'est en revanche refusé à commenter les actes du procureur. Le conseiller d'Etat lui-même se tient informé par la cheffe de la police mais n'empiète pas sur l'enquête qui vise à savoir qui a fait quoi, pourquoi et dans quels délais «pour prendre des mesures s'il y a lieu».
Collision jeudi soir
Les faits se sont déroulés jeudi soir, sur la route de Lausanne, peu avant l'entrée de Versoix (GE), sur un tronçon de route rectiligne. Une Lamborghini, conduite par une jeune Russe de 22 ans a percuté une voiture conduite par un ressortissant allemand de 70 ans. Ce dernier a été grièvement blessé dans le choc.
Trois autres Russes pourraient être impliqués dans cette affaire. Lors de la collision, ils étaient au volant respectivement d'une Bugatti Veyron, un bolide valant plus d'un million de francs, d'une Mercedes McLaren et d'une Porsche Cayenne Turbo. On ignore pour l'instant si les quatre voitures se livraient à un rodéo urbain.
Seul le conducteur de la Lamborghini se trouvait sur les lieux de l'accident lorsque les gendarmes sont arrivés. Il présentait un taux d'alcool dans l'haleine de 1,1 pour mille. Les trois autres suspects, fils de millionnaires, ont été interrogés le soir même par la police. Ils n'ont pas été arrêtés et ont quitté la Suisse.
Se plaignant mardi de n'avoir pas été informé de cet accident à ses yeux sous-estimé par la police, M.Zappelli a finalement obtenu mercredi un rapport intermédiaire des forces de l'ordre. Sur cette base, il a ouvert le même jour une information pénale pour faire toute la lumière sur l'accident.
source :www.tdg.ch du 26.11.2009 par ATS
26 novembre 2009
363] Une justice à deux vitesses : Transparence exigée dans l'affaire du rodéo routier
rodéo routier jeudi 26 novembre 2009
Le traumatisme de l’affaire libyenne en cause
Les politiques dénoncent une justice à deux vitesses et réclament que le ministre Laurent Moutinot gère l’affaire de manière plus transparente.
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Le contraire aurait été étonnant. Alors que la République est en émoi suite à l’affaire du rodéo présumé, Laurent Moutinot, ministre de la Police pour encore dix jours, se mure dans le silence. Sa porte-parole, Yvette Renard, faisait savoir hier que le magistrat «ne souhaite pas s’exprimer. Pour le factuel et l’opérationnel, il convient de s’adresser au service de presse de la police.» Elle ajoute laconiquement que le socialiste «a précisé partager l’avis du procureur général», Daniel Zappelli. Ce dernier a critiqué les lenteurs de la police qui a tardé à lui transmettre le dossier. Cela signifie-t-il que Laurent Moutinot désavoue ses troupes? Le ministre se garde de développer. Autre muette, la cheffe de la police, Monica Bonfanti, refuse aussi de répondre.
Un vent de «kadhaphobie»
Autant dire que la gestion de la délicate affaire ne satisfait personne. Les membres de la Commission judiciaire et de la police du Grand Conseil, tous partis confondus, s’offusquent. «Je suis choqué par la tournure des événements. Cela n’aurait pas dû se passer ainsi compte tenu de la nécessité d’assurer une égalité de traitement dans ce type d’affaire», estime le libéral Olivier Jornot. Autrement dit: le fait que les jeunes conducteurs soient de richissimes Russes risque de nourrir la suspicion. «Il convient de lever le soupçon.»
Selon le libéral, ce n’est pas tant l’erreur d’appréciation de la police qui est grave mais le fait qu’aucune autorité n’ait réagi suite à la médiatisation de l’affaire, samedi dernier: «Cela donne une impression d’amateurisme. Laurent Moutinot aurait dû exiger des comptes et informer clairement le public.»
Le procureur général n’est pas non plus épargné par la critique: «Au lieu de taper du poing sur la table après coup, il aurait pu décrocher son téléphone et ouvrir une information sur la base du premier article de presse.» Tant de frilosité, estime Olivier Jornot, peut être en partie liée à la «kadhaphobie», le traumatisme né de l’affaire Kadhafi dans laquelle la police a été critiquée pour son action musclée.
Transparence exigée
Egalement «estomaquée», la socialiste Loly Bolay assure elle aussi que «l’affaire Kadhafi a laissé des traces». Elle souligne par ailleurs la contradiction entre le discours très ferme des autorités condamnant les rodéos et le «mauvais signal» donné aujourd’hui: «Cela donne le sentiment qu’il y a deux poids deux mesures.» Soucieuse de ne pas jeter la pierre aux forces de l’ordre, l’élue affirme que «l’erreur est humaine: les policiers sont débordés, en sous-effectifs. Mais il est regrettable que cette erreur touche à la sécurité des citoyens.» Elle attend de son magistrat, Laurent Moutinot, qu’il sorte du bois. Même exigence de la Verte Emilie Flamand: «C’est l’affaire anti-Kadhafi», où l’on prend trop de pincettes alors que les faits sont graves. «Un minimum de transparence serait le bienvenu.»
Elu du MCG, Mauro Poggia évoque lui aussi le précédent libyen, où l’«on a voulu donner un exemple à mauvais escient. C’est dans l’affaire du rodéo qu’il aurait fallu le faire.» Le député juge «étrange» que la police ait décidé de mettre les chauffards présumés en liberté, «sans en informer aucun magistrat».
source : www.letemps.ch du 26.11.2009 par Cynthia Gani
25 novembre 2009
362] Rebondissement dans le drame de la Jungfrau : l'accusation fait appel
Drame de la Jungfrau: l'accusation fait appel
JUSTICE | La date du nouveau procès n'est pas encore déterminée.

© KEYSTONE |
ATS | 25.11.2009 | 17:46
Le drame de la Jungfrau sera rejugé. L'auditeur du Tribunal militaire 7, l'équivalent du procureur dans la justice civile, a fait recours contre l'acquittement des deux guides accusés suite à l'accident qui a coûté la vie à six militaires en juillet 2007.
Le procès en appel se tiendra devant la Cour d'appel militaire 2. La date n'est pas encore fixée, a indiqué mercredi la justice militaire.
Les deux guides qui conduisaient l'exercice meurtrier ont été acquittés vendredi des accusations d'homicides par négligence et de non respect des directives de service par négligence. Le Tribunal militaire de Coire leur a en outre accordé 75'000, respectivement 90'000 francs de dédommagements.
Cinq recrues âgées de 20 à 23 ans et un sergent avaient trouvé la mort dans l'accident causé par une avalanche. Ces hommes ont fait une chute de 1000 mètres alors qu'ils escaladaient la Jungfrau. Six autres militaires et les deux guides ont survécu.
source : www.tdg.ch du 25.11.2009 par ATS
361] Olivier Jornot et André Castella reçoivent la médaille d'argent du Grand prix de rhétorique de Radio Cité
7-8 de Pascal Décaillet
Hommes et femmes politiques, écrivains, économistes, artistes, leaders spirituels, ils défilent depuis le 25 août 2008 dans le 7-8 de Pascal Décaillet ! Un grand rendez-vous d'actualité chaude, à l'écoute de Genève et du monde. Un lieu pour débattre et pour vous informer. Avec, tous les vendredis, le Petit Conservatoire de Pascal Décaillet : tous les talents de nos jeunes, en musique et en art dramatique, en direct dans le studio !
=> Le Phénix de St-Pierre : Le Grand Concours du 7-8 de Radio Cité
Ecoutez le discours d'Olivier Jornot :
http://www.radiocite.ch/page-143-39-2.html
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Après ce brillant discours futuriste la médaille d'argent du prix de rhétorique de Radio Cité sera attribué à Monsieur Olivier Jornot, député libéral
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ex-equo avec Monsieur André Castella, délégué à l'intégration
Ecoutez le discours d'André Castella :
http://www.radiocite.ch/page-143-39-2.html
source : www.radiocite.ch
360] Olivier Jornot s'exprime sur la base légale existante pour l'indemnisation des victimes dans les procès militaires
Procès de la Jungfrau : Les familles des victimes doivent s'acquitter de leurs frais d'avocat, alors que l'armée s'était engagée à les prendre en charge :
Ecoutez le commentaire d'Olivier Jornot, avocat, spécialiste de la justice militaire.
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=info#program=15;vid=11533843
21 novembre 2009
359] Laurent Moutinot livre son analyse sur son dernier mandat
sécurité samedi21 novembre 2009
Le ministre Laurent Moutinot se confie
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Laurent Moutinot. (Eddy Mottaz)
Le conseiller d'Etat socialiste achève dans quelques jours son troisième et dernier mandat.
Très critiqué pour sa gestion de la sécurité, le magistrat évoque son parcours et ses convictions.
Le conseiller d'Etat genevois Laurent Moutinot arrive dans quelques jours au bout de son troisième et dernier mandat.
Particulièrement critiqué pour sa gestion de la sécurité , le ministre socialiste livre son analyse et son vécu.
Le Temps : La fin de votre mandat a été particulièrement chahutée, et le Parti socialiste a perdu un siège au Conseil d’Etat. Comment avez-vous vécu tout cela?
Laurent Moutinot : Le parti, ainsi que Véronique Pürro ont beaucoup insisté sur mon bilan durant la campagne. C’était sans doute une erreur car on est élu sur ses projets d’avenir et pas sur les réalisations des autres. Mais cela peut s’expliquer par le fait que la droite me tirait dessus à boulets rouges et que ces critiques les atteignaient aussi. J’ai dû monter au front alors que ce n’était pas à moi d’occuper le terrain. Tout cela a engendré des manœuvres compliquées.
– Portez-vous une responsabilité dans la perte de ce siège?
– Dans la mesure où certaines de mes actions ont été fortement critiquées, je pense que oui.
– Quelles ont été les attaques les plus pénibles à vivre?
– Les attaques personnelles. Ces derniers temps, j’ai été l’objet d’un véritable lynchage. Au point que des gens m’agressaient verbalement dans la rue. J’ai même reçu des lettres à la maison me traitant de menteur. On a largement dépassé les limites de l’admissible.
– Avec le recul, pensez-vous avoir minimisé les problèmes de sécurité à Genève?
– Non, je n’ai simplement pas voulu faire de vaines promesses. C’est archifaux de croire que la gauche est responsable de l’insécurité ou que les choses vont plus mal ici qu’ailleurs. Certains aspects de la sécurité y sont même bien meilleurs. Je pense par exemple à la violence liée au sport, qui est aujourd’hui la préoccupation principale de la Conférence des directeurs cantons de Justice et police. Genève maîtrise bien ces matches à hauts risques. Il y a d’autres points sur lesquels nous sommes moins performants. La présence policière dans la rue en est un. Même si le canton peut se targuer d’avoir un taux de policiers par habitant supérieur à la moyenne nationale.
– Il manque pourtant encore des policiers?
– C’est vrai. Il est facile de clamer aujourd’hui qu’il faut plus de policiers. J’ai dû taper sur la table durant deux ans pour parvenir à remplacer le traditionnel examen de la dictée par un test plus intelligent. Ces efforts ont porté leurs fruits en matière de recrutement, puisque les écoles de police font désormais le plein.
– Aucun des membres du futur Conseil d’Etat ne semble pressé de prendre votre succession. N’est-ce pas un peu dur pour les policiers?
– Les policiers sont victimes de leurs excès. Je comprends ceux qui hésitent à reprendre le flambeau. Tous mes prédécesseurs ont été renvoyés dans leur foyer et il me serait sans doute arrivé la même chose si je m’étais présenté à cette élection. Cela a de quoi refroidir les vocations.
– Si c’était à refaire, que changeriez-vous à votre action?
– J’ai une conception du pouvoir qui implique une forme de discrétion et de réserve. J’ai peut-être exagéré dans ce sens-là. Gouverner, ce n’est pas être un chef de bande et je n’ai jamais été d’accord pour devenir le porte-parole flamboyant du parti. Ce souci m’a sans doute amené à me fermer alors que la politique s’est passablement «peoplelisée». Pendant que certains se faisaient photographier en train de regarder des dealers aux Pâquis, j’ai préféré m’y rendre pour discuter avec les commerçants. C’est moins spectaculaire.
– Tout de même, un conseiller d’Etat n’a-t-il pas un certain devoir de transparence et d’explication?
– Je l’ai fait. Dans l’affaire Kadhafi, par exemple, Genève a pris une position qui n’a pas varié et qui a été confortée par les experts. J’ai répété les choses maintes fois mais au bout d’un moment, cela suffit. Par ailleurs, je n’ai jamais rien caché et je n’ai jamais refusé de répondre à des questions sur mon activité politique.
– Vous évoquez la Libye. Votre dernière déclaration écrite a coïncidé avec une prise de position plus ferme du Conseil fédéral. Un hasard?
– Total. Ce n’était pas téléphoné. J’ai toujours pensé que la Suisse devait adopter une ligne consistant à dire qu’on avait fait juste et qu’on allait résister aux pressions. Cela était plus conséquent que de prétendre qu’on avait fait tout faux mais que les Libyens ne devaient pas trop exiger en retour. J’ai fait part de cette conviction en juillet 2008 déjà aux Affaires étrangères.
– Les conséquences de cette affaire vont-elles amener les autorités à envisager différemment les interpellations délicates?
– On ne peut pas nier que cela va affecter notre manière de voir les choses. Il y a des policiers pour soutenir aujourd’hui que leurs troupes devaient mener l’opération mais que le politique aurait dû de son côté prévenir Hannibal Kadhafi afin de lui permettre d’échapper à son arrestation. Je suis totalement opposé à ce genre de cirque. Soit on assume son action, soit on ne l’engage pas.
– Est-il difficile d’être socialiste et ministre chargé de la Sécurité?
– A Genève, c’est particulièrement compliqué car la gauche a une tradition plus libertaire. Mais cela existe ailleurs sans poser de problème insoutenable. Je revendique l’idée d’une sécurité républicaine qui soit aussi un rempart contre les extrémismes. J’ai ainsi pu œuvrer à établir un lien entre la sécurité et la promotion des droits de chacun. La lutte contre les violences domestiques a fait des progrès considérables durant cette législature. Du point de vue de l’éthique policière, je crois aussi que les choses ont évolué très favorablement. Cela a été difficile – il a fallu révoquer des éléments violents –, mais cela a porté ses fruits.
– Sur la thématique carcérale, on vous a senti résister, puis flotter. Avez-vous été poussé à contrecœur dans cette ambitieuse planification?
– Un peu, effectivement. En arrivant, j’ai réalisé la poudrière que constituait la surpopulation de Champ-Dollon et on a construit La Brenaz en dix-huit mois. A partir de là, je n’ai pas voulu tomber dans l’engrenage et faire prison après prison sans évaluer les besoins. Au bout d’un moment, le Conseil d’Etat m’a dit que cela ne suffisait pas et qu’il fallait engager d’autres chantiers.
– Regrettez-vous d’avoir laissé le logement pour ce dicastère aussi exposé?
– J’ai quitté le DAEL alors que j’étais aussi très critiqué, que j’avais perdu des voix dans toutes les communes où je voulais construire et que j’étais arrivé septième à l’élection au Conseil d’Etat. J’ai librement choisi de reprendre Justice et police et j’ai beaucoup aimé ce travail, même si je me sens aujourd’hui un peu comme un boxeur sonné. Il y a de vrais problèmes à résoudre dans ce département où on ne tourne pas en rond autour de questions byzantines.
– Un conseil à votre successeur?
– Je n’ai pas de conseil à donner à mon successeur mais je lui souhaite d’avoir des capacités personnelles de résistance maximales.
– Allez-vous rester actif en politique?
– Je vais continuer à militer au Parti socialiste et je participerai au débat interne qui s’engagera. Il y a des choses simples à faire, comme clarifier les rôles de chacun. Il faut distinguer le parti et les élus même si ces derniers ne doivent pas être des électrons libres. Cela permettra au parti d’être plus à gauche.
Sur le terrain des idées, il nous faut un renouveau dans tous les domaines et pas seulement celui plus spectaculaire de la sécurité. En matière de relance économique, et alors que les gouvernements de droite sont de plus en plus interventionnistes en temps de crise, le PS n’a plus grand-chose à discuter.
Enfin, si on est honnête en politique, on doit dire que les réformes sont un processus lent et complexe. Dans une société qui veut tout tout de suite, ce type de discours ouvre un boulevard aux populistes. Il faudra trouver un moyen de réduire cet écart entre le temps politique et le temps réel.
– Un projet plus personnel?
– Je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à des projets. A part celui de faire un voyage de 3500 kilomètres à vélo, de Tachkent à Ispahan. Sur le plan politique, je serais intéressé à participer à une future institution transfrontalière franco-valdo-genevoise.
source :www.letemps.ch du 21.11.2009 par Fati Mansour
358] Le drame de la Jungfrau : " Freispruch ! : " Les deux guides ont été acquittés
Drame de la Jungfrau: les deux guides acquittés
JUNGFRAU | Ils sont libres. Les guides qui encadraient les six soldats morts le 12 juillet 2007 ne sont pas responsables de l’accident. Le Tribunal militaire de Coire estime que le danger d’avalanche ne pouvait pas être évalué avec certitude. Déçu, le procureur pourrait faire appel.

© Keystone | Les parents des victimes (ici Eric Buchs)
NADINE HALTINER | 21.11.2009 | 00:00
La salle du Tribunal militaire de Coire a retenu sa respiration hier à 18 h. Après cinq jours de procès et six heures de délibérations, les juges ont rendu l’un des verdicts les plus attendus de l’histoire de la justice militaire. «Freispruch!», (acquittement!), le mot a résonné plusieurs fois dans la pièce, brisant un silence lourd d’émotions.
Non, les deux guides de montagne ne sont pas responsables de l’accident de la Jungfrau qui a tué six soldats le 12 juillet 2007. Ils n’ont pas commis de négligences et n’ont pas violé les prescriptions de service. Ils recevront chacun une indemnité. 90 000 francs pour le guide militaire de 34 ans et 75 000 francs pour le guide privé de 47 ans. Sûr de lui, le président du tribunal a balayé d’une main les attentes des familles qui espéraient obtenir enfin le nom d’un responsable.
La thèse du doute
Si le tribunal admet que les accusés étaient bel est bien garants de leurs recrues et ont commis une «erreur» en montant sur le sommet, ils retiennent qu’ils ne pouvaient pas prévoir l’accident. «Il leur manquait des signaux d’alarmes suffisants et concrets pour leur indiquer qu’il y avait un risque d’avalanche ce matin-là», a expliqué Felix Egli, président du tribunal.
Une conclusion qui indique que les cinq juges ont clairement tranché entre les deux expertises qu’ils avaient à disposition (lire nos éditions d’hier). Ils ont retenu celle de la défense qui étayait la thèse du doute. «L’audition des experts nous a montré qu’il était trop difficile d’évaluer le danger d’avalanche en été, a précisé le juge. De plus, des règles concrètes auxquelles un guide devrait se conformer de manière contraignante font défaut.»
Fatalité responsable
Le jour du drame, les guides avaient jugé le risque d’un niveau «modéré». Vers 9 h 55, «une coulée a fait chuter le premier soldat qui, en tombant, a entraîné les autres», a rappelé Felix Egli. Il y a donc bien eu avalanche. «Ce qui s’est passé ce 12 juillet semble être un phénomène météorologique exceptionnel, explique-t-il en se basant sur le rapport des spécialistes. Les soldats ont été victimes d’une sournoise couche de neige. Sa structure était particulièrement fragile. Les experts ont pu le constater à la loupe, mais les guides ne pouvaient pas le savoir.» Entre les lignes, il laisse comprendre que la seule responsable est finalement la fatalité.
Pour la défense qui a plaidé la présomption d’innocence, le succès est total. «Je n’oserais parler de victoire, parce que ce drame est terrible, analyse l’avocat du guide militaire qui ne souhaitait pas s’exprimer hier soir. Mais c’est un soulagement.»
«Je suis déçu»
En revanche, pour le procureur qui demandait une peine de 9 mois avec sursis et une amende de 1500 francs contre les deux guides, le verdict a retenti comme une gifle. «Je suis déçu, dit-il. Ni la défense ni l’argumentation du tribunal ne m’ont convaincu. Je vais sérieusement réfléchir à faire appel dans les cinq prochains jours.»
Recours ou non, l’Association suisse des guides de montagne est satisfaite. «Le tribunal a fait un travail correct, conclut Urs Wellauer, son président. L’évaluation des facteurs de danger est très difficile, surtout en été. Nous allons donc nous pencher sur ce cas et essayer d’en tirer des leçons pour minimiser les risques à l’avenir. Cependant, il faut être conscient qu’en montagne, le risque zéro n’existe pas.»
Les parents de Cédric en pleurs à l’énoncé du verdict
Vingt-huit mois qu’elles attendaient un coupable. Pour la plupart des familles des victimes, l’acquittement des accusés est un choc. Au moment du verdict, certains visages se sont décomposés. D’autres ont été enfouis dans des mains moites et tremblantes. Aucun cri, aucune révolte, mais la sensation d’avoir été assommés d’un coup de massue.
Père en colère et proches abasourdis
Certains proches n’ont pas pu rester jusqu’au bout. Quand le président a expliqué les raisons de l’acquittement, Eric Buchs, père de Bojan, a dû quitter la salle. L’homme en colère s’est levé subitement et s’est éclipsé pour ne jamais revenir.
Abasourdis, les proches, dont certains espéraient une condamnation à la prison ferme, ont écouté calmement les justifications du Tribunal. Mais à peine le silence revenu, l’émotion les a submergés. Les larmes d’Evelyne Janz et les yeux humides de son époux Claude, parents de Cédric, marqueront longtemps encore la salle du Tribunal militaire 7 de Coire.
Dignement, Philippe Ballifard, père de Théophile, avoue «prendre acte de la décision du Tribunal». «Nous sommes venus voir ce procès pour prendre connaissance d’un dossier qui nous était interdit, dit-il. Le Tribunal a parlé d’une erreur; les débats ont établi qu’une avalanche a bien emporté les cordées.
Les deux guides ont exprimé leurs regrets. J’ai rempli mon devoir de père et un verdict ne changera rien. J’ai fait un chemin qui m’a appris que ce n’était pas à moi de juger.»
(nh)
source : www.tdg.ch du 21.11.2009 par Nadine Haltier





