28 novembre 2008
101]Informatique : Le Grand Conseil veut satisfaire tout le monde ...
Le Grand Conseil hésite entre Windows et les logiciels libres ![]()
Le député Christian Brunier souhaite que le parlement abandonne son usage du logiciel de Microsoft.
Le Conseil d’ Etat s’est prononcé en faveur des logiciels libres car ils assurent «une meilleure maîtrise ainsi qu’une réduction des coûts» du système informatique de l’administration. Le Grand Conseil, lui, n’est pas certain de vouloir abandonner Windows. En vue de la prochaine législature, le secrétariat du parlement doit décider quel logiciel sera utilisé pour ses services ainsi que pour les PC portables des députés.
L’un d’eux, Christian Brunier, désire ainsi que le Grand Conseil opte pour des logiciels libres à la place de Windows Vista de Microsoft, vers lequel semblait s’orienter le secrétariat. Logiciel libre? Cette référence rend possible, outre l’exécution, la copie, l’amélioration ou encore la distribution d’un logiciel par n’importe qui. Son droit d’auteur est donc limité.
Plus que sur les capacités techniques des logiciels libres, c’est sur leur symbole que Christian Brunier se base pour expliquer sa position: «Il n’y a pas de polémique à voir là-dedans. Je veux rappeler qu’il existe des alternatives au monopole de Microsoft.» Comme par exemple le système d’exploitation Linux, déjà acquis par le Tribunal fédéral. Le socialiste indique que le choix d’un tel logiciel permettrait à des start-up locales de mettre au point de nouveaux logiciels. Fort d’une lettre adressée au Grand Conseil, il se déclare satisfait de l’accueil réservé par le secrétariat à celle-ci.
Satisfaire tout le monde
La sautière du Grand Conseil, Maria Anna Hutter, indique qu’aucune décision n’a été prise. Les analyses techniques des différentes options s’effectuent en ce moment même, afin que le Bureau avalise la proposition du secrétariat et lance un appel d’offres, en août prochain au plus tard. «J’essaie de satisfaire tout le monde. Mais je dois m’assurer que le logiciel choisi permet un service efficace aux députés», souligne-t-elle.
Henri Della Casa
source : www.tdg.ch du 28.11.2008 Henri Della Casa
26 novembre 2008
100] Quand le gouvernement veille sur les décisions du TA
POLITIQUE
QUAND LE CONSEIL D'ETAT SE MEFIAIT DES MAGISTRATS
Le gouvernement a fait étudier des arrêts du Tribunal Administratif
François Paychère L’ex-candidat au poste de procureur était président du Tribunal lors de l’affaire Ramadan. (PIERRE ABENSUR)
MARC BRETTON
Publiée en mars 2007 dans la Revue de droit administratif et fiscal, l’étude passe en revue les verdicts du TA en matière de gestion de personnel de l’ Etat depuis… 2001. Enjeu: déterminer «si et dans quelle mesure l’autorité juridictionnelle (le Tribunal) s’est écartée de la décision prise par l’instance inférieure (l’ Etat)».
43% d’interventions
Rédigé par Ursula Marti et Roswitha Petryl, assistantes à la Faculté de droit, l’étude a donc passé en revue 46 recours disciplinaires portant sur des professions soumises à la surveillance de l’ Etat, comme les professions de la santé (pharmaciens, médecins, vétérinaires etc.), les policiers, les enseignants, les avocats. Sur ce nombre, 26 décisions sont passées comme des lettres à la poste auprès du TA. En revanche, 20 ont été annulées ou réformées. Ce qui est un peu plus que 0,02%...
source : www.tdg.ch du 26.11.2008 par Marc Bretton
«Relevons toutefois, souligne le texte, que dans la grande majorité des cas, on ne constate pas d’écarts significatifs entre les sanctions infligées par l’autorité et celle finalement retenue. » Tout au plus, les
auteurs relèvent-ils une certaine tendance du TA à «cogner » un peu moins fort que le Conseil d’ Etat. «Certains «rabais (…) nous paraissent d’ailleurs discutables», écriventelles. Enfin, les magistrats manifesteraient une certaine tendance à glisser de l’examen de la proportionnalité de la sanction à celui de son opportunité, usant d’une prérogative qui ne leur appartient pas, regrette l’étude.
Mais contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, c’est moins le nombre de recours admis que leur portée qui importe! Les polémiques liées à l’annulation du licenciement de l’enseignant Hani Ramadan en 2005 par le TA ou la récente annulation de la votation du 30 novembre le démontrent. Le Conseil d’ Etat le sait bien, raison pour laquelle il a commandé à l’ Université de Genève fin 2006 une intéressante étude. A cette époque, François
Paychère, candidat malheureux à l’élection du procureur général, présidait le TA.
Le Tribunal administratif (TA) prend-il un malin plaisir à prendre le gouvernement genevois en défaut, comme le démontrerait l’abrogation de la double votation sur le Cycle d’orientation? Non, a répondu le Conseil d’ Etat la semaine passée en publiant des statistiques. En 2008, sur des milliers de décisions (9276 en 2007), la proportion de recours admis par le TA serait seulement de 0,02%!
99] Les limites de la videosurveillance
Agresseurs piégés par les caméras
Image © Keystone
Une bande tabasse deux jeunes à Sion. La police encense la vidéosurveillance
Raphaël Pomey - le 25 novembre 2008
Le Matin Bleu
Accompagnés de onze potes, trois jeunes de 16 et 17 ans tabassent deux Valaisans de 20 ans dans le périmètre de la gare de Sion. Frappé à coups de pied et avec un cône de signalisation, l'un d'eux est grièvement blessé à la rate. Il doit passer une semaine à l'hôpital. L'autre souffre d'hématomes et de contusions. Un bon mois après cette agression sauvage, la police valaisanne triomphe. Elle a arrêté les bourreaux, placés en préventive par le Tribunal des mineurs, puis relaxés. Les onze autres ont été interpellés. Et la police de claironner que c'est grâce à la vidéosurveillance qu'elle a mis la main sur eux. Cela n'a pas empêché le passage à tabac. Pourquoi?
A Sion, un policier surveille pourtant la gare 24 heures 24 grâce aux images de dix caméras installées en septembre. «Tout s'est déroulé hors champ», explique Pierre Rossier, de la police municipale. Les agresseurs ont été reconnus sur des images prises en marge de la bagarre. Savaient-ils qu'ils n'étaient pas filmés lors du méfait? «Aucune idée.» Selon lui, cette arrestation reste un beau succès: «Sans les caméras, les jeunes courraient peut-être encore.» Même enthousiasme du côté de la police cantonale. Elle ajoute qu'un certain flou sur les zones surveillées améliore l'efficacité du système. «Les agresseurs ne sont pas tentés d'aller commettre leurs méfaits ailleurs», note Jean-Marie Bornet, chef de l'information.
Ce triomphalisme ne convainc pas les détracteurs de la vidéosurveillance. «On nous a bassinés avec leur effet préventif, mais les caméras n'empêchent pas les agressions, note Mathilde Captyn, députée Verte qui se bat au Parlement genevois contre la vidéosurveillance. Vu le prix de tels dispositifs et la perte de liberté individuelle qu'ils impliquent, je ne crois pas que des arrestations après coup soient un superrésultat.»
Aussi pour lutter contre les racistes?
source : www.lematin.ch du 25.11.2008 Raphaël Pomey |
25 novembre 2008
98] Jury populaire : Le peuple s'exprimera en 2009
"EN PROCES, LE JURY EXPRIME LA VOLONTE DU PEUPLE"
Me Vincent Spira.
Le vice-bâtonnier de l’ordre des avocats défend le jury populaire. (LUCIEN FORTUNATI)
INTERVIEW
JUSTICE
Le jury populaire est-il condamné? Un avocat prend sa défense. Le peuple devra se prononcer en 2009.
CATHERINE FOCAS
Le jury populaire, une institution qui date de 1794, va-t-il disparaître à Genève? Mercredi soir, la Commission ad hoc justice 2011 a approuvé sa suppression sans états d’âme à la quasi-unanimité. Argument: le jury est incompatible avec le nouveau code de procédure pénale suisse qui entrera en vigueur dans deux ans. La balle est aujourd’hui dans le camp du Grand Conseil. Le peuple doit se prononcer sur la question l’année prochaine. Mais le jury n’est pas encore mort. Il a ses défenseurs passionnés, notamment parmi les pénalistes. Le Conseil de l’ordre des avocats prendra position cette semaine. En attendant, son vice-bâtonnier, Me Vincent Spira, explique à titre personnel pourquoi il est si attaché à cette institution.
Pourquoi êtes-vous opposé à la disparition du jury populaire qui siège en Cour d’assises et en Correctionnelle? Cette institution a survécu 160 ans à Genève. Elle représente la démocratie directe au sein du système judiciaire. A travers le jury, c’est le peuple qui siège au coeur du Palais et qui contrôle le bon déroulement de la justice pénale. Le jury est une institution qui contrebalance le monopole des magistrats. Il intervient dans les affaires les plus graves dans lesquelles les sanctions les plus lourdes sont prononcées.
En quoi les décisions d’un jury diffèrent-elles de celles d’une Cour composée exclusivement de juges professionnels?
A force de voir défiler à longueur d’année des affaires et des coupables, les magistrats, c’est humain, peuvent ressentir une certaine usure. Au bout d’un certain temps, ils peuvent ne plus avoir la distance nécessaire pour aborder un procès avec une totale objectivité. Le jury, lui, bénéficie d’un regard neuf. Il est composé de juges d’un jour qui découvrent l’affaire et les rouages de la justice. Contrairement aux professionnels, ils ne se sont pas déjà fait une opinion en examinant le dossier. Or, la présomption d’innocence n’est pas seulement un principe du droit, c’est aussi un état d’esprit.
Dans d’autres cantons, le jury populaire est remplacé par la présence de juges laïques aux côtés de juges professionnels…
Les juges laïques sont élus pour une certaine durée. Ils peuvent être gagnés par l’usure et l’habitude comme les professionnels.
Le jury est-il prévisible?
Non, ses décisions ne sont jamais prévisibles. Chaque juré utilise son bon sens et son expérience de la vie. C’est ce qui fait la richesse de sa décision, elle exprime la volonté du peuple. En revanche, les choix des juges professionnels sont a priori beaucoup plus faciles à
On sent une certaine lassitude…
On peut parfois avoir le sentiment que nos interventions sont inutiles, que c’est joué d’avance. Les magistrats ont pris connaissance du dossier, leur opinion peut sembler forgée avant l’ouverture des débats. Je l’ai ressenti dans certaines affaires. Les jurés, eux, découvrent les faits au gré de l’audience. L’avocat a le sentiment qu’il réussira à les convaincre et il garde ce sentiment jusqu’au bout. On reproche parfois au jury ses décisions émotionnelles… Les émotions font partie de la justice. Cette dernière n’est pas une science exacte. Elle est affaire de droit bien sûr, mais aussi d’appréciation et de sensibilité. Le danger serait que les jurés ne jugent que sur la base de leurs émotions. Mais dans notre système, il y a toujours un président de la Cour professionnel. C’est le jury seul (12 personnes en Cour d’assises et 6 personnes en Cour correctionnelle) qui décide si l’accusé est coupable ou pas. Le président donne seulement des informations juridiques. Il délibère en revanche avec le jury en ce qui concerne la peine à infliger. Dans cette dernière délibération, il a une voix au même titre que les jurés. prévoir. On connaît les magistrats, on les pratique chaque semaine. Au cours d’un procès, il y a chez eux certains signes qui ne trompent pas: les questions qu’ils posent par exemple, ou qu’ils ne posent pas. Si le jury est supprimé, craignezvous un huis clos judiciaire? Oui, d’autant plus qu’avec la nouvelle procédure pénale qui entrera en vigueur en 2011, les procès ne seront plus du tout ce que nous connaissons aujourd’hui. Actuellement, la plupart des témoins sont entendus à la barre. Demain, seuls ceux qui seront choisis par le président de la Cour seront appelés à comparaître. Or, on sait qu’un témoin qui revient, par exemple, sur ses déclarations (recueillies durant l’instruction) peut faire basculer un procès. Le maintien du jury devrait amener à conserver en partie ce côté imprévisible, ouvert d’un procès, ce que nous appelons dans le jargon «l’immédiateté des débats». Grâce au jury, la justice garde également une certaine transparence. Une justice opaque, régie par une caste de magistrats qui fonctionneraient en vase clos, pourrait devenir dangereuse. Les détracteurs de cette institution disent que le jury est incompatible avec le nouveau droit pénal… Il est faux de faire croire cela aux gens! Il y a certes des obstacles techniques, mais des solutions pratiques existent. L’organisation judiciaire relève de la compétence cantonale, pas fédérale. source : www.tdg.ch du 24.11.2008 Catherine Focas
22 novembre 2008
97] Les libéraux et les radicaux deviennent le nouveau parti PLR - Les libéraux-Radicaux
Le Groupe libéral-radical présente Jean-René Germanier - Seconde vice-présidence du Conseil national
Le Groupe libéral-radical présente la candidature du conseiller national Jean-René Germanier pour la seconde vice-présidence du Conseil national. Il a par ailleurs adopté son nouveau nom, valable immédiatement, dans le cadre de la création du nouveau parti PLR-Les Libéraux-Radicaux. Le Groupe portera désormais les noms suivants : Groupe libéral-radical - FDP-liberale Fraktion - Gruppo liberale-radicale - Fracziun liberaldemocratica - Parliamentary Group FDP-The Liberals.
Communiqué de presse
Selon le tournus, il appartient au Groupe libéral-radical de présenter une candidature pour l'élection de la seconde vice-présidence du Conseil national. La personne élue deviendra président de l'Assemblée fédérale en 2011 et occupera donc la plus haute fonction politique de Suisse.
Le Groupe libéral-radical se réjouit d'avoir pu compter sur deux candidatures de très haute qualité avec Jean-René Germanier et Tarzisius Caviezel. Cela montre l'engagement des personnalités libérales-radicales pour notre pays en ces temps incertains.
Le Groupe a désigné son candidat pour la seconde vice-présidence en la personne du conseiller national Jean-René Germanier. M. Germanier a 49 ans, il habite à Vétroz. Entrepreneur dynamique, il est un des vignerons les plus innovants du Valais. Il siège au Conseil national depuis 2003. Il est membre de la Commission des transports et des télécommunications dans laquelle il s'engage notamment en faveur d'infrastructures modernes et de la garantie d'approvisionnement. Sa candidature était proposée par le Groupe latin. Le Groupe libéral-radical a souhaité poursuivre la tradition qui voit alterner depuis plusieurs décennies une candidature latine à une candidature alémanique à ce poste prestigieux.
Par ailleurs le Groupe a adopté son nouveau nom, suite à la création du nouveau parti « PLR. Les Libéraux-Radicaux », issu du Parti radical-démocratique et du Parti libéral suisse. Le Groupe porte dès à présent les noms officiels suivants:
En français : Groupe libéral-radical
En allemand : FDP-Liberale Fraktion
En italien : Gruppo liberale-radicale
En rétho-romanche : Fracziun liberaldemocratica
En anglais : Parliamentary Group FDP-The Liberals
Le Groupe prie les medias d'utiliser dès à present ces denominations.
Berne, le 22 novembre 2008
Contact :
Gabi Huber, conseillère nationale, présidente du groupe libéral-radical, mobile 076 331 87 88
Fulvio Pelli, conseiller national, présidente du PRD Suisse, mobile 079 230 02 03
Stefan Brupbacher, Secrétaire général, mobile 079 789 13 81
Damien Cottier, Responsable de la communication, mobile 078 690 08 05
Le communiqué de presse :
Un service du Parti radical pour vous.
source : www.plr.ch du 22.11.2008
96] Perdu une bataille, mais pas la guerre !
Olivier Jornot : "Je dois analyser mon rapport à la politique"
Conseil d'Etat
Ebranlé par le désaveu libéral, le député juge qu'il doit maintenant prendre du recul
Assemblée du Parti libéral, jeudi soir à Uni Dufour. Congratulations entre Isabel Rochat et Beatriz de Candolle et sourire crispé entre Mark Muller et Olivier Jornot. (LAURENT GUIRAUD)
«J’assume totalement la décision prise par l’assemblée des délégués»
OLIVIER JORNOT
ÉRIC BUDRY
L’homme est blessé. Forcément. Mais il n’est pas à terre. Au lendemain d’avoir été écarté de la course au Conseil d’ Etat par une assemblée du Parti libéral au profit d’ Isabel Rochat ( lire nos éditions d’hier), Olivier Jornot a accepté de parler de sa défaite et des conséquences qu’elle aura sur lui.
L’assemblée a nettement opté pour un ticket formé de Mark Muller et d’ Isabel Rochat. Un désaveu personnel ou un simple choix tactique?
Des motivations très diverses ont certainement été à l’origine de ce choix.
Cela dit, j’ai eu le sentiment, dans les jours qui ont précédé l’assemblée, que grandissait le souci des délégués de composer un duo qui offrirait une certaine diversité de personnalités. Or, Mark Muller et moi, en plus d’être des hommes, avons évidemment un profil politique qui se ressemble.
Certains semblent vous reprocher d’être trop ostensiblement ambitieux. Depuis quand est-ce une tare au Parti libéral?
Ne pas apprécier les têtes qui dépassent est plutôt propre à la politique suisse en général. Dans une certaine mesure, Genève n’y échappe donc pas. Je n’ai toutefois pas l’impression que ce soit cela qui coince. Mark Muller, qui lui aussi n’avait jamais caché son envie du Conseil d’ Etat, avait été brillamment désigné candidat à l’élection par notre assemblée il y a quatre ans.
N’avez-vous pas envie d’aller chercher davantage d’appuis dans un autre parti?
Non, pas du tout. Le Parti libéral est ma famille politique. Je n’ai aucune envie de m’en distancier.
Soyons clairs! J’assume totalement la décision prise par l’assemblée des délégués. Je ne peux me sentir bafoué. J’ai trop reçu de louanges sur la qualité de mon travail de député.
Tout de même, cela ne va-t-il pas laisser des traces?
D’un point de vue personnel, je vais devoir prendre un peu de recul. Je dois analyser la relation que j’ai avec la politique et les gens qui la font.
Ainsi que ma manière de la faire.
Ces dernières années, j’ai peut-être eu un engagement trop fort, trop fusionnel je dirais, avec mon travail politique. C’est une remise en cause assez profonde pour moi.
A 39 ans, vous avez pourtant du temps devant vous. Mais serezvous assez patient pour attendre une nouvelle occasion?
C’est bien pour cela que je dois me remettre en question. On ne peut être patient quand on fait les choses avec tant de passion. Si je parvenais à poursuivre avec plus de distance, cela me donnerait davantage de chance de durer. Je n’ai évidemment rien décidé à propos de la suite de ma carrière politique.
Que ferez-vous dans le court terme?
Ce que je ferai? Mais ce n’est pas comme si j’avais soudainement un grand vide devant moi. Je n’ai pas été abattu en plein vol.
J’ai un métier magnifique (ndlr: avocat) que j’adore et je reste député du Grand Conseil. Il me semble que ce n’est déjà pas si mal.
source : www.tdg.ch 22.11.2008
lire sur le même sujet :
Olivier Jornot avait toutes les chances d’être choisi comme colistier de Mark Muller dans la course au Conseil d’Etat.
Mais jeudi soir, l’assemblée des délégués du Parti libéral a créé la surprise en désignant une femme, Isabel Rochat.
OLIVIER JORNOT, VOUS N’ÊTES PAS ÉLU PARCE QUEVOUS ÊTES UN HOMME?
Olivier Jornot
Copyright : Michel Perret
Les Libéraux ont voulu une belle affiche. C’était mieux que de proposer deux mâles perçus comme ayant le même profil…
Possédez-vous vraiment le même profil que le conseiller d’Etat Mark Muller?
A part que nous sommes deux hommes de formation juridique, nos champs d’action politique sont assez différents.
Vous n’êtes pas une femme, d’accord.
Mais ne pensez-vous pas que le fait d’être catalogué comme «très à droite du parti» a joué un rôle?
C’est une critique que je prends toujours avec des pincettes.
Pour moi, je me situe totalement au centre du PL.
J’exprime mes positions de manière claire, ce qui les rend peut-être plus tranchantes. Je pensais d’ailleurs qu’au PL, on aimait les positions tranchantes!
Pour vous faire élire, il va donc falloir vous faire opérer pour changer de sexe?
Peut-être me faut-il attendre qu’il y ait trop de femmes au gouvernement pour que l’on me supplie de me présenter!
Franchement, n’y a-t-il pas d’autres raisons à votre échec que le fait d’être un homme?
C’est un peu trop tôt pour le dire. Je vais devoir procéder à une remise en question, pour déterminer si mon échec est lié à ma manière de faire de la politique.
Ne trouvez-vous pas injuste que les femmes, parce qu’elles sont des femmes, passent devant?
Cela ne me dérange pas en soi que l’on fasse un effort pour promouvoir les candidatures féminines. Bien sûr, c’est très frustrant quand on a le sentiment que le travail politique passe au second plan.
Vous êtes très déçu…
Je sais que lorsque l’on fait de la politique, l’échec est un facteur qu’il faut intégrer.
Et l’avenir? Allez-vous briguer d’autres mandats, conseiller national par exemple?
Il est trop tôt pour envisager quoi que ce soit. Ce que je sais, c’est que mon travail de député me plaît. Je n’envisage pas de me retirer de la politique. Il faudra encore compter sur moi… £
Valérie Duby
«JE SAIS QUE LORSQUE L’ON FAIT DE LA POLITIQUE, L’ÉCHEC EST UN FACTEUR QU’IL FAUT INTÉGRER»
Olivier Jornot, candidat libéral malheureux dans la course au Conseil d’Etat genevois
source : www.lematin.ch du 22.11.08 par Valérie Duby
Mais aussi :
Lire l'analyse du "Courrier" du 22.11.2008 " Avec Isabel Rochat, le Parti Libéral s'ancre-t-il au centre ?!"
21 novembre 2008
95] Suppression du jury populaire ? A voir !
La Commission justice 2011 enterre le jury populaire
Nathalie Fontanet, députée de la commission.
«De nombreuses personnes restent attachées au jury.»
(L. GUIRAUD)
Les députés ont approuvé sa suppression mercredi.
La Commission ad hoc justice 2011 n’a pas beaucoup hésité. Mercredi soir, les députés ont décidé, à la quasi-unanimité, d’approuver la suppression du jury populaire. La balle est maintenant dans le camp du Grand Conseil. Quant au peuple, il sera appelé aux urnes sur cet objet constitutionnel au début de l’an prochain.
Genève est l’un des derniers cantons à être doté d’une telle institution à l’occasion des procès devant la Cour correctionnelle ou la Cour d’assises. Mais aux yeux de la Commission justice 2011, le jury a été jugé incompatible avec le nouveau code fédéral de procédure pénale. «A l’époque de sa création ( ndlr. il y a plus de deux siècles), il agissait comme une sorte de garde-fou démocratique, explique la députée libérale Nathalie Fontanet, membre de la commission. La nouvelle réforme en prévoit d’autres.» Par exemple le recours plus fréquent à des juges assesseurs laïques ou la présence d’un avocat de la première heure pour le prévenu dans les locaux de la police. «Des éléments qui donnent des garanties de défense et de neutralité. Nous avons tranché après avoir entendu des représentants de l’ordre des avocats ainsi que différents juges et autres experts.» Alors le jury passera-t-il à coup sûr à la trappe dès 2011? Pas sûr, estime Nathalie Fontanet. «De nombreuses personnes restent attachées à cette institution. On ne sait jamais lors d’un vote devant le Grand Conseil ou lors d’un scrutin populaire. On verra.» Selon les partisans de la suppression du jury, Genève prendrait un risque à maintenir cette institution: «Le Conseil fédéral a indiqué qu’il n’était pas possible de le maintenir, précise Frédéric Scheidegger, secrétaire adjoint du Département des institutions. Nous risquerions de voir les premières condamnations invalidées par le Tribunal fédéral.» Les défenseurs du jury, comme l’avocat Robert Assaël, estime que le jury, «ce regard de citoyens, évite quelque peu une justice de spécialistes qui fonctionnerait en vase clos».
Fedele Mendicino
source : www.tdg.ch du 21.11.2008 par Fedele Mendicino
94] Isabel Rochat la surprise libérale !
Conseil d'état Les libéraux joueront la carte Isabel Rochat
© Laurent Guiraud | Le ticket Liberal Marc Muller et Isabel Rochat
|La magistrate de Thônex a été désignée hier soir pour défendre, avec Mark Muller, les couleurs libérales lors de l’élection du Conseil d’Etat.
Éric Budry | 21.11.2008 | 00:45
La surprise est de taille. Alors que les observateurs pensaient généralement que le député Olivier Jornot serait choisi pour être le colistier de Mark Muller dans la course au Conseil d’Etat, les libéraux ont opté pour un autre ticket. Tard hier soir, une assemblée des délégués a désigné Isabel Rochat pour tenter de reconquérir le deuxième siège libéral au gouvernement, perdu il y a quatre ans. Le choix du tandem est sans ambiguïté, puisque les deux candidats ont été désignés au premier tour déjà. Une issue normale pour le sortant Mark Muller, mais un véritable coup de théâtre en ce qui concerne la conseillère administrative de Thônex, également vice-présidente du parti. Alors que le premier obtenait 173 voix sur 229, la seconde engrangeait 125 suffrages, soit 10 bulletins de plus que la majorité absolue. C’est en réalité une course à trois qui s’est déroulée hier soir pour décrocher la place de deuxième candidat du parti. Beatriz de Candolle, conseillère administrative de Chêne-Bourg, avait en effet également relevé le défi.
Le choix de la diversité
Chacun des quatre candidats a eu dix minutes pour tenter de convaincre l’assemblée très fournie réunie à Uni Dufour. Quatre présentations de qualité, que Michel Halpérin, président du parti, a saluées et que les délégués ont longuement applaudies. Donné favori au départ, Olivier Jornot a fait étalage de sa fougue oratoire, de la fermeté de ses convictions et de la clarté de ses idées. Brillant député, l’ancien président du parti n’a visiblement souffert que d’un défaut majeur: son profil a été considéré comme trop similaire à celui de Mark Muller.
Intelligemment, Isabel Rochat a fait valoir cet argument lors de son discours: «Il faut répondre aux attentes de la population qui attend un gouvernement plus représentatif», a-t-elle plaidé, faisant référence tant à son expérience des communes, qu’au courant libéral qu’elle représente, qu’à sa qualité de femme. Son invite, répétée par d’autres lors d’un court débat, a visiblement été largement suivie.
source : www.tdg.ch du 21.11.2008 par Eric Budry
Isabel Rochat, la surprise libérale
Genève Tandem paritaire pour
le Conseil d’Etat
Pour accompagner le sortant Mark Muller dans la course au Conseil d’Etat lors des élections cantonales 2009, les libéraux genevois ont choisi une femme: Isabel Rochat.
Vice-présidente du parti cantonal, conseillère administrative de Thônex, âgée de 54 ans, cette économiste a été désignée jeudi soir par l’assemblée des délégués par 125 voix sur 229.
Au premier tour
Sa désignation, au premier tour de surcroît, est une surprise. Les militants du plus grand parti de Genève l’ont préférée à la députée et conseillère administrative de Chêne-Bourg, Beatriz de Candolle, 51 ans, et au député Olivier Jornot, 39 ans, avocat. Ancien président du parti et député de poids, celui-ci faisait figure de favori. D’une bien moindre notoriété, Isabel Rochat est surtout connue pour avoir défendu sa commune face au canton dans le dossier des Communaux d’Ambilly, en limitant le nombre de logements à construire dans le cadre de cet important projet.
La députée libérale assurera une heureuse présence féminine parmi les candidats de la droite au gouvernement en vue des élections qui se tiendront dans un an. Elle a sans doute bénéficié lors de sa désignation du soutien des représentants des communes et de ceux que rebute le caractère entier d’Olivier Jornot. Ce dernier a pu souffrir de son côté de présenter un profil trop proche de celui de Mark Muller.
Le patron du Département des constructions et des technologies et de l’information a été désigné pour un second mandat par 173 voix sur 229. Dans le tandem formé avec Isabel Rochat, il restera le moteur, ce qui n’aurait pas forcément été le cas avec Olivier Jornot.
Isabel Rochat a pour mission de reprendre le second siège libéral au Conseil d’Etat, perdu par Micheline Spoerri en 2005.
20 novembre 2008
93] C'est ce soir que ça se passe !
Les libéraux désignent ce soir leurs candidats pour 2009
ELECTIONS : Quatre personnes se disputent deux places de candidat au Conseil D'Etat
MARC BRETTON
Mark Muller. Sauf énorme surprise, il figurera sur le ticket libéral. (L. GUIRAUD)
Ce soir vers 22 heures, les libéraux désigneront à bulletins secrets leurs deux candidats au Conseil d’ Etat. Un moment qui peut rappeler des souvenirs douloureux au parti, comme l’éviction de Claude Haegi en 1997 ou la reconduction d’une Micheline Spoerri en difficulté en 2005.
Mais les acteurs ont changé. Cette fois-ci, quatre personnes sont en lice: la députée et conseillère administrative de Chêne-Bourg Beatriz de Candolle, le député Olivier Jornot, le conseiller d’ Etat sortant Mark Muller et la conseillère administrative de Thônex Isabel Rochat. L’organisation de la séance est simple: «Nos candidats seront désignés à la suite d’un vote en deux tours, qui sera précédé de brefs discours, de questions et d’un débat», résume Geffroy de Clavière, secrétaire général du parti.
Isabel Rochat. En tant que magistrate de Thônex, elle bénéficie d’une assise électorale importante. (L. GUIRAUD)
Pronostics difficiles
Difficile d’émettre des pronostics. Logiquement, le conseiller d’ Etat Mark Muller devrait passer l’obstacle sans problème.
Mais une élection en deuxième position ou avec un modeste écart avec un colistier serait un peu humiliante. «Un coup de semonce n’est pas exclu », analyse d’ailleurs le député et conseiller administratif de Chêne-Bougeries Francis Walpen: «Certains pourraient reprocher à Mark Muller de ne pas avoir assez secoué le cocotier dans ses services.» Reste à régler la question du colistier. La députée Nathalie Fontanet, qui s’engage pour Olivier Jornot, estime ainsi que son poulain a fait ses preuves: «Ancien président du parti, il a de l’autorité naturelle et sait dialoguer avec et hors de l’ Entente. Il l’a aussi montré au Grand Conseil en commission.» Renaud Gautier est du même avis: «Officier supérieur, brillant, capacité de travail au-dessus de la moyenne.» Ce qui tombe bien, car «au Conseil d’ Etat, il faut mettre sa vie privée sous un mouchoir. Je me demande si Isabel Rochat ou Beatriz de Candolle l’ont réalisé.»
Olivier Jornot. Ex-président des libéraux, il compte de solides soutiens à l’aile droite du parti. (L. GUIRAUD)
Rivalité chênoise
On le sait, les deux femmes sont toutes deux magistrates aux Trois-Chêne. Mais on ignorait que «le parrain» de Beatriz de Candolle n’était autre que lemagistrat libéral de Chêne-Bougeries, Francis Walpen! Celui- ci souligne que sa candidate «ne va pas seulement au Conseil d’ Etat pour défendre les communes. Ce qui est un peu court. Elle a une expérience à l’ Exécutif et au Grand Conseil, mais s’investit aussi en faveur du handicap et de l’aide au développement.» Conseillère administrative de Thônex, Isabel Rochat est soutenue notamment par Horace Gautier. L’avocat relève que sa candidate, qui est partie tôt dans la course à l’investiture, est magistrate d’une commune importante, qu’elle bénéficie donc à ce titre d’une assise électorale. Il évoque, comme d’autres, le dossier des Communaux d’ Ambilly où sur la péréquation intercantonale Isabel Rochat aurait tiré son épingle du jeu face à l’ Etat.
Curieusement, nul ne semble particulièrement sensible à l’intérêt de porter une femme sur un ticket libéral, femme qui serait probablement la seule de l’ Entente. Ni l’image qui serait donnée par un ticket présentant des personnalités proches, profilées à droite. Ces sujets seront-ils évoqués ce soir? Une certitude, les libéraux ne veulent pas se déchirer. «Il faut à tout prix éviter une fracture après le choix», souligne Francis Walpen.
Beatriz de Candolle. Magistrate à Chêne-Bourg et députée, elle est plus «centriste». (OLIVIER VOGELSANG)
«Il faut à tout prix éviter une fracture au sein du parti après le choix des candidats»
FRANCIS WALPEN, DÉPUTÉ LIBÉRAL
source : www.tdg.ch du 20.11.2008 par Marc Bretton
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Les libéraux genevois cherchent celui qui leur redonnera deux sièges au Conseil d’Etat
Genève Les libéraux élisent ce soir leurs deux candidats au Conseil d’Etat en vue des cantonales de 2009. En lice aux côtés du ministre sortant Mark Muller, le député Olivier Jornot, et les conseillères administratives Isabel Rochat et Beatriz de Candolle
Ils sont quatre pour deux places. Et dans les rangs libéraux, personne ne se risque à formuler un pronostic. La première formation du parlement genevois élit ce soir, lors d’une assemblée des délégués, les deux candidats qui figureront sur son ticket pour les élections cantonales de l’automne 2009. Le choix des libéraux sera crucial pour le parti, qui espère reconquérir le siège qu’il a perdu en 2005 au Conseil d’Etat avec l’éviction de Micheline Spoerri, et pour l’ensemble de la droite, qui affiche l’ambitieux objectif de renverser la majorité du gouvernement.
Alors que l’UDC a déjà annoncé la candidature du conseiller national Yves Nidegger, l’Entente bourgeoise devrait, en dépit des tensions internes qui la minent et selon le scénario le plus probable, rester unie et aligner quatre candidats: un démocrate-chrétien, deux libéraux et un radical (dans un canton où l’Union libérale-radicale n’est encore qu’à l’état de projet).
Tous les regards sont donc braqués sur les quatre prétendants qui se disputent les deux sésames libéraux. En lice, le conseiller d’Etat sortant Mark Muller, le député et ancien président du parti Olivier Jornot, la conseillère administrative de Thônex Isabel Rochat, et la députée et conseillère administrative de Chêne-Bourg, Beatriz de Candolle.
Un ministre chahuté
A moins d’un coup de théâtre, le conseiller d’Etat devrait décrocher sa place sur le ticket, même si Mark Muller, 44 ans, n’est pas à l’abri de l’acrimonie d’une partie des délégués qui voteront ce soir. Car le bilan du ministre en laisse plus d’un sur sa faim. Le chef du Département des constructions et des techniques de l’information n’a aucune réalisation concrète à son actif, dénonce-t-on dans les rangs du parti: le chantier Praille-Acacias-Vernets est au point mort, l’accord sur le logement n’a pas permis d’endiguer l’asphyxie dont souffre le canton, et même sur un dossier moins crucial, tel que le déménagement du Services des automobiles, les solutions se font attendre. Mark Muller, lui, se dit serein. Et pour convaincre ses troupes de lui réitérer leur confiance, il reviendra plus précisément sur son action au cours de la législature. «Je ne suis pas dans la peau d’un nouveau candidat, mais dans celle d’un conseiller d’Etat sortant. Je vais donc présenter un bilan que j’estime être tout à fait honorable.»
Un colistier encombrant
Face à lui, Olivier Jornot, 39 ans. Un colistier potentiel qui pourrait, s’il était désigné, constituer un adversaire gênant pour le ministre. Avocat comme lui, Olivier Jornot incarne également la ligne dure du parti. Membre de Vigilance durant son adolescence, il n’a jamais fait d’un éventuel rapprochement des libéraux avec l’UDC un tabou. L’homme a acquis une grande visibilité en assumant la présidence du parti entre 2002 et 2006, et en s’illustrant comme l’un des députés les plus actifs depuis son élection au Grand Conseil en 2005. Unanimement reconnu pour son intelligence, ses compétences et sa force de travail hors du commun, il est desservi par de solides rancœurs au sein de sa formation, où certains lui reprochent une personnalité ultra-autoritaire, conflictuelle, et une propension à faire le vide autour de lui. Des reproches que l’aspirant Jornot balaie: «Je crois avoir démontré, à travers mon travail de député, ma capacité à faire des compromis et à entretenir des rapports cordiaux avec mes adversaires politiques.»
Pour mieux se distancier de Mark Muller, Olivier Jornot joue la carte de la complémentarité. Loin de se profiler sur les constructions, il fait d’ores et déjà valoir son intérêt pour le Département des institutions, «où il y a un gros travail à faire, notamment au sein de la police et pour la mise en place de la réforme judiciaire».
La division des femmes
Olivier Jornot devra compter avec deux adversaires moins connues et aux profils proches: Isabel Rochat, 54 ans, et Beatriz de Candolle, 51 ans, qui se revendiquent toutes deux de l’aile humaniste du parti. La présence d’une femme sur le ticket libéral ne manquera pas de constituer un argument de poids aux yeux de certains délégués, qui plus est dans un canton dont l’exécutif est exclusivement masculin. Mais cette double candidature féminine devrait servir Olivier Jornot, en raison de la dispersion des voix qu’elle entraînera à son profit. A tel point que le député et ses partisans sont soupçonnés d’avoir téléguidé la candidature de Beatriz de Candolle, entrée en lice à deux jours de la clôture des candidatures, pour affaiblir celle d’Isabel Rochat. Une interprétation que les deux principaux intéressés nient farouchement.
La voix des communes
Isabel Rochat se présente comme l’alternative à Olivier Jornot. Vice-présidente du parti cantonal, conseillère administrative de Thônex depuis 2003, cette économiste de formation très appréciée au sein du son parti est avant tout connue pour avoir défendu sa commune face au canton dans le dossier des Communaux d’Ambilly, en limitant le nombre de logements à construire. «Je suis une femme de terrain et j’ai le sens du dialogue, fait-elle valoir. Je veux porter la voix des communes au Conseil d’Etat. Il faut en finir avec les projets imposés d’en haut. Un projet doit être porté par ceux qui vont en subir les conséquences sociales et fiscales», note la candidate. Qui inscrit au chapitre de ses priorités «la défense des conditions-cadres qui assurent l’attractivité de Genève», en mettant l’accent sur «la formation et le développement des infrastructures».
Proche des gens
Egalement conseillère administrative depuis 2003, mais de la commune de Chêne-Bourg, Beatriz de Candolle est aussi députée au Grand Conseil depuis 2005. Une expérience cantonale qu’elle met en avant, malgré sa grande discrétion dans les rangs de la députation libérale. D’origine brésilienne, arrivée en Suisse à l’âge de 16 ans, cette journaliste travaille aujourd’hui pour des revues spécialisées dans le domaine de la cosmétique. Présidente de l’association Genève tiers-monde, elle milite également depuis longtemps pour l’intégration des handicapés. Candidate malheureuse au Conseil national en 2007, Beatriz de Candolle voit cette nouvelle candidature comme une suite logique dans sa carrière. Ses atouts? «Je suis polyvalente, consensuelle, j’ai le souci du concret. Et mes valeurs libérales ne m’empêchent pas d’être proche des gens.»
source : www.letemps.ch du 20.11.2008 du par Sandra Moro
15 novembre 2008
92] "Oui, mais c'est un gentleman ! " ...
Eric Levrat, premier citoyen de Genève et gentleman famer
Affable et consensuel, le nouveau président du Grand Conseil montre un autre visage de l’ UDC.
ÉRIC BUDRY
«Le noeud pap, c’est joyeux, léger.
D’ailleurs, on ne peut pas se pendre avec un noeud pap»
ÉRIC LEYVRAZ, PRÉSIDENT DU GRAND CONSEIL
Eric Leyvraz. «Mon épouse est Péruvienne, j’ai un beau-fils congolais, deux adorables petites-filles café au lait, une cousine italienne…»(PIERRE ABENSUR)
"L'UDC raciste et xénophobe? Ça me fait toujours rigoler quand j’entends cela. Mon épouse est Péruvienne, j’ai un beau-fils congolais, deux adorables petites-filles café au lait, une cousine italienne…» Eric Leyvraz est fier de sa famille cosmopolite, comme il l’est des vins qu’il produit (surtout le pinot noir) et du combat de son parti pour l’indépendance de la Suisse.
Personnalité appréciée de ses collègues députés, le patron du Domaine des Bossons, à Peissy, sur la commune de Satigny, a été élu ce jeudi président du Grand Conseil. Ce qui en fait de facto le premier citoyen du canton. Un honneur que cet homme de 61 ans accueille avec ce calme dont il semble ne jamais se départir. Tout comme il ne paraît jamais sortir sans son noeud papillon, une coquetterie vestimentaire qu’il assume parfaitement.
«J’en ai plus de soixante à la maison, précise-t-il. Je trouve cela élégant et plus pratique que les cravates, que j’ai abandonnées il y a plus de vingt ans. Le noeud pap, c’est joyeux, léger. D’ailleurs, on ne peut pas se pendre avec un noeud pap.» So british, isn’t it?
Ingénieur agronome de formation, Eric Leyvraz aurait tout aussi bien pu faire une carrière littéraire. Il a du reste obtenu une maturité latine au Collège Calvin, dont il se réjouit de fêter l’année prochaine le 450e anniversaire. «En 1959, j’ai servi les grands pour le 400e. J’attends avec impatience d’être servi en 2009», glisse-t-il ironiquement.
S’il s’est finalement tourné vers une formation plus technique, c’était pour reprendre le domaine de son grand-père paternel, Albert Desbaillet. Ce pionnier fut le premier, en 1907, à commercialiser du vin de Genève en bouteille. Bon cep ne saurait mentir: Eric Leyvraz innovera en développant la culture biologique sur le domaine qu’il gère depuis 1972 avec son cousin.
Il n’en reste pas moins un grand amateur de littérature, romanesque et scientifique, un amoureux de la poésie et surtout un passionné de l’opéra. «Dès l’âge de 6 ans, ça m’a fasciné. Collégien, j’attendais avec impatience les soldes chez Torre pour pouvoir m’offrir quelques disques.» Ses compositeurs préférés? «Verdi bien sûr, mais également Debussy. Sauf Pelléas, que je n’ai jamais réussi àapprécier.» Père de quatre enfants (trois adultes nés d’un premier mariage et une jeune adolescente), Eric Leyvraz est entré tard en politique. Ce n’est en effet qu’en 2005 qu’il a rejoint l’ UDC et s’est fait élire au parlement.
Mais il a rapidement acquis l’estime de ses pairs au Grand Conseil. Toujours poli, le gentleman farmer a la réputation de respecter les personnes et les institutions.
Ceux des bancs d’en face le jugent comme un UDC atypique. «Il a un côté vieille France, dira l’un d’eux. Un peu comme un libéral ancienne formule. C’est une personne profondément conservatrice. » Ses adversaires lui pardonnent car il a des manières et n’est jamais agressif. Tout en se demandant tout de même ce qu’il fait dans ce parti.
Le président est-il donc sans défauts? Rassurez-vous, on lui en trouve: «Il semble faire partie de ces gens bien nés qui ne comprennent pas toujours pourquoi d’autres réussissent moins bien.»
source : www.tdg.ch du 15.11.2008














